j’ai cent-deux ans
et j’attends
j’attends le livreur
qui apporte mes repas
comme la pitance d’un animal
qu’on laisse dans sa cage
j’ai cent-deux ans
et j’attends
j’attends le livreur
qui apporte mes repas
comme la pitance d’un animal
qu’on laisse dans sa cage
tant d’absence
tant d’attente
tant de morts
tant de pleurs

tapi dans l’antre de ses connaissances
l’homme épluchait
les nourritures de son esprit

petite fleur toute petite
pleine d’odeur
pois de senteur
gregor t’a préférée entre toutes
tu appelles la parole
ton territoire de chasse
est le jour et la nuit