
à chaque année au même endroit
elle revient
elle transporte sur son dos
l’univers entier

à chaque année au même endroit
elle revient
elle transporte sur son dos
l’univers entier

à chaque pas sur la grève
mon pied rébarbatif recule un peu
comme sur un trottoir enneigé
pour avancer de deux pas
il faut en faire trois
j’ai vu l’oiseau
grand
blanc
perché sur la lumière

c’est notre dernier matin
et c’est au matin
au moment où nos automatismes sont à leur plus haut
que se mesure la longueur du lâcher prise
c’est au premier regard sur un décor étrange
que se mesure la distance qui reste
avant d’arriver au pays rêvé