gésir une autre nuit
seul
noyé dans des draps qui s’étendent à l’infini
Où vas-tu
où vas-tu petit oiseau que cherches-tu
chouette descendue des neiges
pour trouver un repas chaud
J’entends la cigale
j’entends la cigale
le bruit chaud d’un jour d’été
qui s’annonce
jaune et dense
Il n’avait pas
il vivait seul
mais tous le connaissaient
Marchons
hier mon enfant
tu me tenais la main
ta bouche dessinait des tempêtes
dans l’air figé du bout du jour
ensemble nous marchions

Ce texte a été publié dans NADEAU, Jacques (2012). Carré rouge. Le ras-le-bol du Québec en 153 photos. Préface de Jacques Parizeau. Montréal, Fides.

