je me suis ouvert le flanc
j’ai plongé ma plume
dans les pleurs qui essoufflent mes journées
J’existe
j’existe sans bruit
au milieu des foules joyeuses
sans le sou
dans un monde où règnent les affaires
J’ai ciselé des mots
j’ai ciselé des mots
serti des accents sur des lettres idiotes
ouvert grand des bouts de ligne
pour y laisser entrer le vent
dans tous les sens
Je marche
je marche
sur un printemps décidé
le ruisseau m’éclabousse
Là, sur la branche
là, sur la branche
près, tout près de ma fenêtre
l’oiseau…

