je suis habité par un espace immense
dis-tu
une voûte
dirais-je
Tous ces paysages
tous ces paysages rudes
de roc et de buisson
de mousses et de vent
Printemps
fini le chluissement sur les rues liquides et brunes
finis les tagadopes des reliefs caoutchoutés
finies les grailles et le vrombes des mécaniques à neige
Je me suis ouvert le flanc
je me suis ouvert le flanc
j’ai plongé ma plume
dans les pleurs qui essoufflent mes journées
J’existe
j’existe sans bruit
au milieu des foules joyeuses
sans le sou
dans un monde où règnent les affaires

