SEUL des graminées des fleurs lancent vers le ciel leurs tiges résilientes elles s'enracinent elles forment touffe sur un tas de terre temporaire bientôt arrive la machinerie dans un grand bruit qui plonge la pelle qui tranche la belle et déracine le tout il faut déplacer la terre encore et creuser des trous encore creuser des fosses et entendre ensuite le bruit des cloches les pleurs quand l'ursule est partie j'étais sept je me suis retrouvé seul j'ai appris à n'être qu'un à côté sur la rue passent les âmes mobiles enfermées dans leur silence le pas de la foule résonne sur les murs du mail dehors l'écho de la ville s'entend de toutes parts je marche au milieu d'un peuple de fantômes qui ne me voient pas je suis parti marcher au milieu du bois les arbres ne me voient pas et moi que vois-je mes yeux sont distraits par mes oreilles le jour est le domaine du bruit vienne la nuit vienne le silence quand les oiseaux dorment je marche entre les arbres qui croissent sans mot dire je me colle le nez sur chacun et chacun cache tous les autres de l'immense forêt ma tête repose maintenant sur le bois délavé épave après un long voyage qui me raconte le bruit des vagues qui me chante un air de vent un tronc sans attache repoussé par la marée après l'errance à perte de vue mes os mes muscles s'activent à nouveau après le ahan des gestes simples mon cri appelle ton nom juste au moment où nous nous réunissons où nous unissons nos souffles où nos deux entités s'imbriquent pour ne faire qu' | /¯|¯¯¯\ | | | | | | | | \___|_/ | tu es loin juste à côté de moi montagne impassible sur le bord de la fosse mes caresses te traversent sans te toucher je suis perdu en plein bois je me bats la tête contre un quai inconnu 25 novembre 2010