ÉTINCELLE j'écris quand on naît j'écris quand on meurt mais si tu nais et meurs dans un même souffle que me laisses-tu à raconter coincés dans un film tourné d'une seule prise nous jouons notre vie parfois ça rate parfois dès le départ aucune chance pour se reprendre cette fois c'est platte enfant tu pars je te regarde encore dans une vision très brève je vois toute ta vie défiler mes mains t'enveloppent sans pouvoir te réchauffer sans une seule seconde pour t'apprendre je t'ai nommé je vais t'appeler tu ne viendras pas que me laisses-tu pour aimer tout autour chacun donne sa réplique par terre plus de repères chaque instant est un trou chaque instant se fige aucune chance de revenir c'est une fois de trop enfant tu es vide j'écris quand on naît j'écris quand on meurt tu es venu le temps de faire signe puis nous a laissés une étincelle nous allumerons encore des chandelles des feux de joie nous regarderons encore les éclairs d'un soir d'été le vol furtif du colibri nous tiendrons encore un flocon de neige dans le creux de la main nous célébrerons toujours toutes ces choses très belles qui ne durent pas longtemps Pour Renée, et pour Reno aussi, le 15 novembre 2016